Séjour au Burkina Faso 2017

Séjour au Burkina Faso 2017

Nous voilà de retour d’un séjour à Ouagadougou, dans le cadre de la réalisation d’un « projet d’amélioration des conditions d’étude et de travail des élèves de et des enseignants des écoles publiques de l’arrondissement 3 de Ouagadougou » (300.000 habitants).

Il s’agissait d’un projet financé en grande partie par Wallonie-Bruxelles-International (WBI), porté par la ville de Braine-le-Comte et réalisé par nos partenaires burkinabè.

Petit projet, (de 92.000€ quand même), mais excellente efficacité et très bons résultats.

Bravo au coordinateur burkinabé, Boukaré Tonde, exceptionnel. Et merci à Madame le maire, Rainatou Savadogo, pour la chaleur de son accueil, sa présence à nos côtés et sa volonté de nous permettre de voir tout ce que nous souhaitions.

Le résultat ? Deux écoles rendues opérationnelles (ouvertures portes et fenêtres, chape, tableaux), mobilier scolaire en quantité, construction d’un magasin de stockage pour les fournitures scolaires et électrification de 12 classes.

On rajoutera à cela toute une série de formations (matières de base, sécurité routière – un must au Burkina ! -, hygiène et santé, civisme, éducation inclusive), un excellent concours de l’école la plus écologique et la plus hygiénique, des clubs de santé dans les écoles, etc. Il reste encore à faire, mais c’est un bon début.

Profitant de l’occasion, nous avons été visiter le projet réalisé par Enfants du Monde, à savoir un auvent de protection des enfants dans une école.
Très beau projet, bien réalisé et d’une grande utilité.

Nous avons aussi eu l’occasion de voir une école qui n’a malheureusement pas encore pu être remise en état, faute de moyens et qui reste incomplète, avec deux classes de construites.

Il faudrait absolument pouvoir terminer cette école, située dans une zone très pauvre de Ouagadougou : le nombre d’enfants à scolariser est là, mais les infrastructures ne parviennent pas à tout absorber.

Françoise en a profité pour asseoir le projet « Enfants du Monde » d’assistance aux (à des) enfants de l’arrondissement 3 en grande précarité. Elle a tissé des liens, jaugé les motivations des uns et des autres, et vu… !

Nous nous sommes rendus dans 15 familles, dont beaucoup dans le secteur « non loti », à savoir un secteur sensé ne pas être habité, doté de maisons en briques non durables (terre), sans eau, sans électricité et sans égouts.

Les conditions sont extrêmement difficiles.

La chaleur lourde est une véritable chape à supporter dès le matin. En ce mois de juin, elle est souvent suivie en fin de journée d’orages parfois violents et de véritables trombes d’eau.

Il s’agit de parrainages dans des familles où la maman est souvent seule à affronter les difficultés d’une vie particulièrement pénible – on voit des grands-mères qui font office de parents, des veuves, des filles-mères, des mamans abandonnées par un mari parti courir l’aventure au Ghana ou en Lybie.

Les enfants en sont les premières victimes, dans un pays où déjà les couples normaux peinent à joindre les deux bouts.

Pour brosser le tableau, imaginez des sentiers de terre inégales, envahis par les saletés, les eaux et les animaux, de petites maisons de terre avec une cour où traînent quelques poules rachitiques.

Et des nuées d’enfants joyeux, curieux un peu partout. Ils n’ont rien.

On court chez le voisin chercher une ardoise pour écrire le nom du petit. On s’empresse ailleurs pour trouver chez la voisine un siège où l’on pourra asseoir l’hôte.

Pas d’armoire, d’où les précieux documents – naissance ou autres actes – sont conservés vaille que vaille dans un plastique, pour les préserver de la poussière qui s’infiltre partout.

Les services sociaux de la ville, avec lesquels nous travaillerons dans le cadre de ces bourses de scolarisation, font montre de sérieux, d’efficacité et de suivi.

Nous voilà partis pour une coopération qui sera utile, efficace. Grâce à Enfants du Monde et ses généreux donateurs, ces enfants accéderont à l’école et recevront soins et nourriture.

Indispensable pour que ces zones ne deviennent pas bientôt des quartiers mal famés qui seront la proie de recruteurs aux intentions douteuses dans une région aux portes du djihadisme.

Vous souhaitez parrainer un de ces enfants ? Ils sont plus de 200, suivis par le service social, en situation de grande détresse. Il suffit de prendre contact avec nous (voir ci-dessous).

Nous en avons aussi profité pour rencontrer Pierre Sawadogo, fondateur de l’école Somdé, avec qui nous avons entretenu pendant 22 ans une relation amicale et utile, dans le cadre de son école privée.

Aujourd’hui, l’école poursuit son bonhomme de chemin, avec le sérieux qu’on lui connaît.

Ainsi, le directeur vient de nous écrire en nous annonçant les bons résultats du 1er tour obtenus dans le cadre du BEPC (résultats du secondaire inférieur) : si les résultats ont été catastrophiques sur le plan national (20 % de réussite), l’école a enregistré 115 admis sur 225 présentés, soit 51,11 % de réussite.

On attendra de connaitre le second tour d’ici quelques jours.

Le souhait du fondateur est de créer une école maternelle et nous ne pouvons lui donner tort, car cela lui permettrait de renforcer encore l’autonomie financière nécessaire à l’école.

En effet, les écoles maternelles sont fréquentées par des fonctionnaires, qui peuvent payer sans problème.

Autre projet d’Enfants du Monde que nous avons visité, afin de pouvoir rendre compte et de constater les réalisations sur le terrain : Espoir du Monde. Cette réalisation se situe dans un quartier dit « rural », mais qui est en fait un quartier de Ouagadougou.

Les agglomérations rurales répugnent à perdre le caractère « rural » car il leur apporte des avantages.

Nous nous trouvons donc dans un quartier qui est en passe de quitter l’appellation de « non loti » pour celle de « loti ». C’est pour cette raison que les lots de terre sont aujourd’hui en vente.

Bravo pour cette initiative de soutien de notre ami Jacques Noël. À nos yeux, « Espoir du Monde » apporte dans ce quartier quelque chose qui, sans être une véritable école, tient de l’école des devoirs et des mouvements de jeunesse.

L’encadrement est principalement (voire totalement) constitué par de jeunes bénévoles du secondaire, pleins d’enthousiasme, qui viennent après l’école partager leur savoir avec les jeunes du quartier.

Un rudiment de bibliothèque a été installée dans un petit bâtiment rénové. Des tableaux sur les murs qui entourent aujourd’hui la structure permettent aux enfants de faire calculs et autres notes.

Notre contact sur place n’ayant duré que 2 heures, difficile d’en faire une analyse plus approfondie.

Quant à la vie et aux impressions, au dire de nos amis, le changement de régime a incontestablement amené plus de liberté, mais aussi l’exigence d’améliorations immédiates tous secteurs confondus.

La frustration de la population est donc grande et l’incivisme est un mot à la mode à Ouagadougou.

Les délestages électriques sont multi-quotidiens, mais la modernité est là. Partout, on tire des câbles de fibre optique.

Le niveau de vie reste très faible et même les fonctionnaires de base ont besoin de plusieurs emplois pour vivre. Des mouvements de grève (qui ont affecté notre projet) ont eu lieu et se poursuivent sporadiquement.

On ne parle guère des djihadistes, même si on les sait très présents dans le Nord ou dans certaines provinces jouxtant le Mali et le Niger.

Les examens BEPC et CEP ont été organisés normalement à Ouagadougou. Nous n’avons pas ressenti de grand changement ou d’angoisse particulière à Ouagadougou depuis notre dernier voyage.

Il faut dire que le Burkinabè est tout sauf emporté : il supporte et affronte les difficultés avec une bonne dose de philosophie et de volontarisme. Ce qui permet au pays de se redresser doucement, mais sûrement.

Et ce qui nous encourage encore à les aider dans la voie vers le développement, dans toute la mesure du possible.

Avant de vous quitter, nous ne manquerons pas de remercier chaleureusement les amis d’Enfants du Monde qui nous ont fait parvenir, avant notre départ, des bics, des vêtements pour enfants, des crayons, des jeux, des ballons, des jouets qui ont fait plein d’enfants heureux dans un pays où toutes ces petites merveilles ne sont pas à la portée de la plupart des bourses. Merci pour eux !!!

Françoise Minor et Robert Remacle
Présidente et trésorier d’Enfants du Monde

 

Projet EDM :
– Bourses de scolarisation Burkina Faso – Sig-Noghin 225 (aide aux orphelins et enfants vulnérables de l’Arrondissement 3 de la commune de Ouagadougou) – montant de 125 euros (ou 10,50 euros par mois) – responsables : Jo Thoorens et Françoise Minor