Action du mois de mai 2019

Action du mois de mai 2019 : « Les puits de l’espoir de Ouagadougou, Burkina Faso(ACM 316) »

Ouagadougou est la capitale du Burkina Faso et la plus grande ville du pays avec une population de 2.800.000 habitants.

C’est le centre culturel, économique et administratif du pays mais c’est avant tout une ville située dans le Sahel où l’approvisionnement en eau reste problématique.

L’accès à l’eau potable a été reconnu par l’ONU comme droit humain en 2010.

Malgré cela, plus de deux millions de personnes dont une majorité d’enfants meurent chaque année de maladies liées à la consommation d’eau insalubre.

Et Ouagadougou n’est pas épargnée par ce fléau.

Depuis plusieurs années, nous avons essayé de sensibiliser au problème de l’eau les parents et les enfants qui fréquentent plusieurs écoles de la banlieue de Ouagadougou et, de novembre 2017 à janvier 2019, quatre forages financés par Enfants du Monde ont été réalisés dans les enceintes de quatre écoles.

Ces différents projets incluent le repérage de la nappe phréatique par un sourcier, le forage proprement dit, l’installation d’une pompe manuelle ainsi que la plantation d’arbres et la création d’un potager pédagogique.

Le budget global se monte à un peu plus de 7.750€ par projet.

Dès lors que l’or bleu jaillit, c’est la folie au village : les hommes, les femmes, les enfants expriment leur joie par des chants et des danses.

Pour tous, l’eau du nouveau forage remplace désormais l’eau couleur café ou l’eau couleur jaunâtre des marigots, l’eau contaminée des barrages qu’ils buvaient auparavant.

La joie de la population arrive à son point culminant avec l’installation de la pompe manuelle sur son socle en béton.

Elle permet de tirer l’eau potable à 80 mètres de profondeur et à remplir les récipients qui seront transportés à domicile le plus souvent sur la tête des femmes.

Une rigole et un puisard permettent de récolter les égouttures qui serviront à l’arrosage des arbres et du potager.

Ouagadougou - File d'attente dans la cour de l'école de l'espoir

Grâce aux forages dans les écoles il a été de convaincre les enseignants d’organiser avec les élèves la plantation d’arbres et éduquer de cette façon les enfants à la lutte contre la désertification.

Et c’est très important car la transmission des connaissances doit passer par les enfants.

Si l’on prend la déforestation, par exemple, les discours aux adultes n’engendrent pas de résultats.

Par contre, l’enfant de 6 ans qui commence sa scolarité avec un « plan-arbre », qu’il le plante, l’arrose tous les jours et le voit grandir, prend conscience de l’importance de cette lutte contre la désertification et il transmet l’information à ses parents.

Les derniers projets ont inclus un potager pédagogique, créé avec l’aide de parents cultivateurs.

Ces potagers, en plus de leur rôle éducatif, fournissent de délicieux légumes à la cantine : des tomates, des choux, des carottes, de l’oseille…

Les projets de forage ont un tel succès que Prosper BIKIENDA, notre responsable sur place que nous avons rencontré à la fancy-fair de La Louvière, l’an dernier, a reçu, à ce jour, dix directeurs d’écoles rurales qui souhaiteraient, eux aussi, disposer d’un puits dans l’enceinte de leur école, afin d’offrir de l’eau potable aux enfants.

L’eau devient alors source de vie, de développement et d’éducation.

En novembre 2018, nous avons eu la chance, guidé par Prosper, de visiter trois écoles qui, à cette époque, disposaient d’un puits grâce à Enfants du Monde.

Les enseignants nous ont tous dit combien cela avait amélioré et facilité le fonctionnement de leur école.

Nous étions hébergés chez Prosper qui habite en face d’une « école de l’espoir » et de son puits.

Manu passait tout son temps libre à côté de la pompe.

Il aidait les femmes et leurs filles à remplir les bidons de 30 litres ; pomper manuellement de l’eau depuis 80m est assez sportif (environ 40 à 50 coups pour remplir un bidon).

Manu profitait du moment pour exhorter les femmes à contraindre leur mari à partager la corvée d’eau par tous les moyens, y compris la grève.

Lorsqu’un homme se présentait, il le félicitait chaleureusement.

Un des hommes ainsi abordés lui a répondu qu’il était célibataire…

Plus tard, nous avons appris qu’il était marié et qu’il s’était gentiment moqué.

L’Action du Mois de ce journal servira à financer un nouveau puits, « un puits de l’espoir », pour sauver un maximum d’enfants des maladies liées à l’absorption d’eau contaminée et améliorer ainsi leurs conditions de vie.

Manu de Halleux et Philippe Elens

Merci de nous aider et de verser vos dons sur le compte N° BE91 2700 2853 0076 avec la mention « Un puits de l’espoir » ou « ACM n°316 »