Action du mois de mai 2020

Action du mois de mai 2020 : « Soyez ACTEURS-SOLIDAIRES! »

Ce numéro de « Lettres à nos amis » se veut très particulier.

L’Éditorial l’a souligné, la pandémie du coronavirus touche tous nos correspondants.

Plus les semaines passent et plus de messages nous parviennent.

Situations variées que les délais entre leurs réceptions et la publication du journal ne peuvent refléter dans toutes leurs ampleurs.

En outre, l’implication des responsables sur le terrain, leur éventuel état de santé ne leur permet pas toujours de nous faire part des difficultés rencontrées.

Enfants du Monde a, par le passé, déjà engagé des aides immédiates pour répondre à des cas d’urgence. Un fonds de réserve de 30.000 € avait été créé dans ce but il y a 2 ans.

Plus de 12.000 € ont déjà été utilisés, majoritairement à la suite d’inondations catastrophiques.

La pandémie en cours constitue bien évidemment une urgence majeure mais puiser dans ce fonds pose deux questions : sur quelle base équitable répartir l’aide, quel montant y affecter sachant que ce fonds d’urgence a été créé au départ de nos fonds propres, eux-mêmes alimentés par des dons exceptionnels (legs en duo) qui ne se sont pas renouvelés.

Si nous puisons aujourd’hui dans ce fonds, l’impact pour les 3.000 enfants serait-il à la hauteur de l’espoir qu’Enfants du Monde suscite, sachant d’autre part que nous ne pourrions dès lors plus faire face à une prochaine urgence ?

Aussi, ce n’est pas à une ACTION du MOIS que ce numéro du mois de mai vous sensibilise mais c’est vous, lecteurs et sympathisants d’Enfants du Monde, qui pouvez être, comme l’enjoint l’éditorial, ACTEURS-SOLIDAIRES vis à vis des maisons que vous aidez, des enfants et leurs familles avec lesquelles vous avez tissé des liens, même si, au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore leurs témoignages.

Voici quelques extraits de courriers reçus :

Des Gonaïves (Haïti)

Ici toutes les écoles, les Églises sont fermées, mais tous le monde va au marché pour les achats, les Banques les magasins sont tous ouverts, mais avant d’entrer, dans tous les bâtiments il y a de l’eau avec du savon et on est obligé de se laver les mains.

Chez nous, tout est fermé aussi, donc nous les sœurs nous travaillons au jardin.

Nous avons 2 filles pauvres qui restent avec nous et notre cuisinière aussi, nous avons dû mettre le gardien dehors car il sortait toujours pour parler aux gens et puis revenait chez nous.

Nous ne sommes pas au courant de la situation dans le pays, nous prions pour nos pauvres qui ne peuvent plus travailler, de quoi demain sera-t-il fait?

Nous attendons la décision de l’état pour l’école.

Nous prions pour vous tous, donnez nous de vos nouvelles

Soeur Marthe

De Sindi (Boma – RDC extrait de lettre reçue le 17 avril) :

Les enfants sont encore en vacances auprès de leurs parents.

Nous attendons l’autorisation de l’État pour reprendre le chemin de l’école !

Sauf que nous sommes tous inquiets pour notre vie.

Chaque jour, le virus prend du terrain avec de nouveaux cas confirmés et décès !

Et du coup, l’État renforce les mesures de confinement : port de cache-nez, éviter tout attroupement de 20 personnes, interdiction de faire des voyages et surtout pas à Kinshasa, le foyer du virus au Congo !

La résultante, c’est la grande pauvreté, la famine. La population vit au jour le jour, vous le savez.

Subitement, elle ne doit plus sortir de chez elle ; elle ne doit plus aller vendre ses produits vivriers au marché.

Impossible de trouver de quoi vivre, plus d’argent.

La faim fait déjà beaucoup de décès à Boma !

Nous ne baissons pas les bras ; en bons Zaïrois , nous nous débrouillons pour subsister et continuer les travaux du petit dispensaire.

Daniel Drechsel

Responsable Tibétain

Chers amis bienfaiteurs,

J’espère que tout le monde va bien.

Nous sommes très préoccupés par la santé et le bien-être de nos amis, de nos sponsors et de tous ceux qui ont l’épidémie du virus Covid-19.

Veuillez être sûr et protégé.

TCV prend la plus grande précaution contre la pandémie.

Les écoles de TCV sont restées fermées jusqu’à fin avril par mesure de précaution contre l’infection et la propagation de la maladie.

La plupart des enfants ayant de la famille ou des proches ont été renvoyés chez eux.

Nous comprenons qu’il est de plus en plus difficile de se déplacer, en particulier les familles des régions éloignées.

Par conséquent, peu d’enfants sont encore au village d’enfants car ils viennent de très loin et leur famille n’a pas pu venir les reprendre.

Pour ces enfants, TCV prend bien soin de les protéger contre les maladies.

Le gouvernement de l’État a également émis des directives pour fermer les écoles.

Cependant, TCV a fermé l’école avant que le gouvernement de l’État n’agisse et n’émette les directives.

La direction de TCV examinera la situation en avril et agira en conséquence.

Transmis par Maud

Du Pache Trust :

Au départ des courriers de Manoharan, Jean-Marie Rousseau transcrit l’évolution de la pandémie :

24/3 : Extrait journal au Tamil Nadu, 24h pour tout fermer

25/3 : Inde en confinement pour 3 semaines. Tous les Supermarchés fermés, uniquement petits magasins ouverts ; hôtels et restaurants fermés.

28/3 : 1 millions d’Indiens quittent les grandes villes comme Delhi pour rejoindre leurs villages d’origine. Depuis Delhi, 1000 bus /jour ou dans des containers fermés et ils sont battus par la police.
Pas de travail, pas d’argent, pas de nourriture

31/3 : Beaucoup de cas proviennent de participants à une conférence musulmane à Delhi, et l’ont propagé dans tout le pays

01/4 : Masques non disponibles et ou fabriqués dans des conditions sanitaires épouvantables

03/4 : Violences policières au Karnataka

09/4 : Le nombre de cas augmente, confinement prolongé de 2 semaines

10/4 : Mr Manoharan continue à distribuer des médicaments contre le Sida

13/4 : Demain, le Gouvernement Indien va annoncer de continuer le confinement pour 2 semaines

Du Burkina Faso (via Sig Noghin, extraits de Fapeo.net et du journal Le Monde)

Actuellement, l’attention ne saurait être fixée uniquement sur le Coronavirus (Covid-19).

Les anciens défis du Burkina Faso sont toujours d’actualité.

Il existe toujours des Burkinabè qui fuient leurs localités à cause de l’insécurité.

De 765 517 en février 2020, le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) dénombre 838 548 personnes déplacées internes à la date du 25 mars 2020 à travers le Burkina Faso soit une augmentation de 7,54%.

Néanmoins l’aggravation de l’épidémie est un nouveau coup dur pour ce pays au système de santé très fragile. Comme en France, mais à une bien plus grande échelle, manque de lits de réanimation, de respirateurs, de masques et de tests.

Le 14 mars, les autorités ont décidé de suspendre les écoles et universités, après avoir interdit, trois jours plus tôt, les manifestations et les rassemblements publics et privés.

Mais là où le bât risque de faire le plus mal, c’est pour les populations rurales.

C’est 70%, soit la majorité de la population burkinabè qui a été simplement oubliée dans l’application des mesures d’accompagnement, en ce qui concerne la prise en charge par l’État des factures d’eau des ménages moyens.

Le ministre en charge de l’Eau a été on ne peut plus clair, les populations rurales, ne font pas partie des bénéficiaires de la manne étatique qui doit soulager les Burkinabè en détresse du fait du Covid-19.

Pourtant, constituant la frange la plus importante et la plus vulnérable de notre pays, les « ruraux », comme les appellent cyniquement les « gens de la ville », seront ceux qui subiront en pire, les conséquences indéniables de cette crise sanitaire qui a renforcé leurs conditions de précarité.

(Lire en page 9 l’article de Prosper Bikienga et ses amis Philippe et Manu)

De Surin (Thaïlande)

Nous sommes désolés d’apprendre que tant de personnes décèdent du covid-19 en Europe et qu’il s’étend à travers le monde entier.

Actuellement la situation en Thaïlande est meilleure que le mois dernier grâce aux règles strictes édictées par le gouvernement : formation du public, étroitement encadré, astreintes sévères en cas de violation des règles, ni alcool ni festivités, port du masque.

Le nombre de nouveaux patients infectés est tombé de plus de 100 par jour à 28 aujourd’hui (13 avril).

A Surin, depuis l’apparition de la maladie seulement 9 patients ont été atteints.

Ils se portent bien et pourront regagner bientôt leur domicile.

Le gouverneur de notre province est très strict et efficace.

Nous avons de la chance !

Nous prions Dieu qu’il vous bénisse et espérons que tout ira bientôt mieux, prenez bien soin de votre santé.

Sawaddee Pee Mai THAI Kha

De Pondichery

Le gouvernement de Pondichéry n’a donné que 2 000 roupies, soit 24 euros, pour chaque famille comme fonds de secours Covid 19.

Le gouvernement du Tamil Nadu a donné Rs.1000, soit 12 euros, pour chaque famille.

Le salaire moyen à Pondichéry est de 222 euros (18300 roupies).

Ils ont accordé un assouplissement de 3 mois pour les prêts bancaires, rien n’est dit pour les locations.

Certains empruntent de l’argent pour un taux d’intérêt élevé (5% à 15% d’intérêt) pour leurs dépenses alimentaires car ils ne pouvaient pas aller travailler.

De plus, le coût des vivres augmentent considérablement…

Les familles des enfants que nous soutenons vivent déjà dans des conditions très difficiles et ce contexte va empirer leur situation.

Le risque est donc grand que les parents/tuteurs soient contraints de décider de ne pas remettre leur enfant à l’école quand cela sera à nouveau possible.

Ce qui remet en cause notre mission d' »éducation pour tous ».

En effet, s’ils manquent de nourriture, ou ont des retards de loyers, si ils s’endettent encore plus, l’éducation viendra en dernier dans les besoins familiaux.

Adèle Stimart

Atteindre les inaccessibles

Le successeur du Père Kimpton, Anthony Paulsamy, a souhaité partager avec nous les efforts prodigués pour éviter la propagation du covid-19 auprès de ses protégés.

Il est particulier de constater que le titre donné par le Père Paulsamy : “Reaching the unreached” peut se traduire aussi “Atteindre les intouchables”, avec la double signification que
comporte “intouchable”, plus dramatique encore en ce moment.

Voici quelques extraits de sa lettre :

Nourriture pour les soignants en première ligne : craignant de diffuser le virus à leur famille, ce personnel demeure à Kallupatti et reçoit les repas de la journée.

Nourriture pour les soignants en première ligne: craignant de diffuser le virus à leur famille, ce personnel demeure à Kallupatti et reçoit les repas de la journée.

Équipement technique : achat d’un équipement de stérilisation pour le village

Equipement technique : achat d’un équipement de stérilisation pour le village

Atteindre les communautés des collines, 20 sacs de riz ont été fournis aux villageois affectés par le confinement.

Atteindre les communautés des collines, 20 sacs de riz ont été fournis aux villageois affectés par le confinement.

Prise de conscience : imprimés dans la langue de la communauté, des prospectus ont été distribués aux villageois, aux 4 écoles, aux membres du staff afin de les conscientiser aux mesures de protection contre le virus.

Fourniture de masques : plus de 500 masques ont été distribués au staff, aux enfants vivant avec lui et aux villageois de Kallupatti.
200 ont été fournis en plus au staff du département de la santé.

Travailleurs journaliers : pas de travail, pas d’argent! Leurs maigres réserves sont épuisées.
Une centaine de familles a reçu une première aide, ce chiffre va gonfler dans les prochains jours.
De même, une aide a été apportée à des familles de migrants, des enseignants visiteront les étudiants de familles pauvres pour évaluer leurs besoins.

Assistance médicale et Programmes radio : le personnel médical répond aux appels téléphoniques et contribue à donner des conseils aux familles via la radio locale.

Le Père conclut : le staff est conscient des risques qu’il encourt dans l’achat et le transport des fournitures mais il se considère comme des combattants dans un champ de bataille bien différent.

Nous vous saluons tous.

Père Antony Paulsamy